Le « partenariat Combattants-Musiciens » pour un changement de comportement Aujourd’hui,
La RDC souffre de mauvaise réputation au niveau international à cause du phénomène « Combattant ». Cette mauvaise image va accompagner le Congolais partout où il va. Il sera victime d’un regard méprisant en dehors de son pays. Il porte une nationalité qui a mauvaise presse.

Hier, j’ai posé la question à mon ami Jeannot Bimwala , sur les graves incidents survenues lors du concert de l’artiste musicien Fally Ipupa à paris : « Qu’est ce qui ne marche pas entre les Combattants et les musiciens ? ». Jeannot Bimwala , un leader politique venu de la diaspora, un mordu de l’informatique qui connait bien les réalités de la Communauté congolaise de Paris, il est revenu au pays et travaille comme consultant dans plusieurs projets en gestation. Nous sommes parti d’un proverbe madingué « on ne finit pas la guerre avec le kora du griot, on finit la guerre avec la lance du guerrier ». Mais le kora du griot accompagne la lance guerrier, le son de sa musique transforme le comportement de la société, fait appel à la mobilisation collective, il le transforme en arme pour combattre les antivaleurs. Le guerrier sera au front de la guerre et le griot au front d’une autre guerre, celle de la mobilisation de masse pour faire échec à l’ennemie.
La violence engendre la violence, les Combattants devraient plutôt appeler les musiciens à une dialogue sociale pour monter une action commune de sensibilisation de la population sur les questions qui freinent aujourd’hui l’élan de notre nation. Nous savons bien que la diaspora congolaise contribue efficacement sur le plan financier à la survie de plusieurs familles à Kinshasa, elle devrait jouer un rôle clé dans les actions pacifiques de conscientisation de masses. Les combattants doivent se transformer aux vrais catalyseurs des masses en apportant aux musiciens un soutien matériels et financiers pour cette mission de sensibilisation. La musique constitue un levier privilégié pour construire des projets pédagogiques dans toutes les disciplines enseignées plus spécialement dans l’éducation civique….
Pour sensibiliser les Négro-africains, esclaves aux Amériques à défendre leurs droits, les griots ont joué un rôle clef et parmi les moyens de communications sociales qui ont contribué à l’abolition de l’esclave, c’est la musique ( le blues, le négro spiritual, etc.). Plustard, Bob Marley, Jimmy Cliff, Grégory Isaac s’en inspireront avec leur reggae pour l’éveil de conscience. A Kinshasa, pendant la période précoloniale, il y a eu Adou Elenga avec sa chanson Mokili ekobaluka. Non loin de nos frontières, il ya Kizito Mihigo, le rwandais qui vient d’être lâchement abattu par le pouvoir de Kigali.
Les combattants devraient plutôt collaborer avec les musiciens pour monter de Projet d’Education Civique en recourant à la musique et autres supports pour passer des message auprès de la population et non à la violence comme c’est le cas aujourd’hui. Plusieurs spectacles devraient être organisés et des tubes déployées à travers toute la République.
Dans le cadre du même projet, le « partenariat Combattants-Musiciens » doit travailler d’étroite collaboration avec des leaders locaux de la Société civile dont le but serait de porter auprès de jeunes la bonne humeur pour un changement de comportement.
La musique, pour une sensibilisation efficace des jeunes
Les régions de l’ Ituri, Nord Kivu et Sud Kivu sont en proie de l’insécurité occasionnée par les groupes armés locaux et étrangers, le Combattants doivent mettre leur expertise au service des musiciens à produire des tubes pour aider les jeunes à vaincre la peur à l’exemple du Général de Brigade Mamadou Moustapha Ndala, en vainquant la peur est un jeune héros qui a sacrifié tout pour la survie de la nation congolaise. Pendant plusieurs années, notre pays connu plusieurs défaites militaires en grande partie à cause de la peur. Cette peur a paralysé les congolais dans leur lutte contre les ennemis de la paix.
Le Général Mamadou Moustapha Ndala n’a pas eu la peur de mourir pour la patrie. Sa mort pour la cause nationale invite les jeunes à combattre d’abord la peur qui est en eux avant de se lancer dans la lutte contre les ennemis extérieurs.
La musique représente une intarissable source d’inspiration pour les jeunes . Les musiciens doivent faire travailler énormément l’imagination de jeunes et leur permettre d’acquérir la notion « d’idole ». En écoutant Fally, Werason, Ferre Gola, Innoss B, Mbilia Bel, Rebo, Koffi…, cette identification à l’idole contribue énormément au façonnage de la personnalité de jeunes ; indispensable à son équilibre psychique et moral. À travers la musique, les jeunes ont l’occasion de trouver une source riche pour le changement de comportement.

Roger Beley
Expert en communication de masses